Les 5 étapes pour vaincre l’angoisse de la feuille blanche

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L’angoisse de la feuille blanche est un thème récurrent du manque d’inspiration chez les écrivains, mais il existe aussi chez les peintres et les dessinateurs, d’ailleurs plutôt chez les dessinateurs car le dessin est la base fondamental en peinture, mais certains estiment que la peinture-modèle l’œuvre… à chacun son opinion, et les différends courants artistiques divergents sur cette question, tout est relatif puisque …

Cela dépend de ce que vous voulez représenter, il m’arrive parfois de faire de la peinture sans passer par un dessin préparatoire, mais la plupart du temps lorsque je veux représenter quelque chose de très précis alors je dois commencer par faire un dessin le plus précis possible, je trace les perspectives je trouve les points de fuite, puis je dessine les figures dans le cadre en prenant bien soin que chaque figure soit bien proportionnée et ne qu’elle ne débordent pas du cadre .Lorsque l’on débute tout cela peut paraitre effrayant et l’on se demande comment on peut y arriver, c’est à ce moment que l’on peut ressentir pas mal de blocages, et ne pas être à l’aise à l’idée de composer une toile. La plupart du temps on reste bloqué par ce processus n’osant pas faire la première ébauche. Il s’agit simplement d’une peur, il faut seulement avoir des repères très simples que chacun peut définir à sa façon. Mais il existe 5 étapes à respecter pour dépasser cette peur et vaincre l’angoisse de la feuille blanche.

  • 1) La peur de dessiner : dépasser ses blocages intérieurs

La plupart du temps le blocage, viens d’un manque de confiance en soi, et d’un manque de maitrise des outils techniques du dessin, les deux conjugués sont causes de catastrophe et ça va vous décourager à aller plus loin et vous abandonnerez très vite.
Lorsque j’ai commencé à peindre et à dessiner j’étais confronté à ce problème et il m’arrive parfois encore d’avoir ces petites périodes d’hésitation .Quand je suis en panne d’inspiration je prends un carnet de croquis et je dessine machinalement pour pouvoir retrouver assez rapidement une nouvelle inspiration .Il vous est sans doute arrivé de constater par exemple que lorsque quelqu’un de bavard vous appelle au téléphone et que votre interlocuteur ne cesse de vous parler sans arrêt, un moment vous allez prendre une feuille qui traine et un crayon et vous allez commencer à gribouiller des formes, parfois ce sont des traits entrelacés parfois des petits bonhommes ou des symboles mystérieux, eh bien vous dessinez ! Et cela peut faire d’excellent sujet de composition.

Les blocages intérieurs sautent et vous vous ouvrez à votre intuition, et c’est souvent à ce moment là que vous produirez vos meilleurs dessins, car ils seront faits naturellement. Si vous recherchez à l’avance comment dessiner une forme à partir de techniques que vous avez vus dans un livre sans les avoirs expérimenter à l’avance vous allez vous planter, car votre mentale va prendre le dessus et vous serez bloqués, ne sachant pas par quoi commencer et votre processus va être douloureux. Vous remettrez sans cesse au lendemain pour ne pas finir ce que vous avez commencé, c’est cela l’angoisse de la feuille blanche en dessin.

Prenez du plaisir à dessiner , et plongez-vous dans un vocable d’image, pour apprendre à regarder puis à savoir structurer intuitivement les formes .Pour pouvoir construire un beau tableau, il est important d’avoir appris des techniques pour bien dessiner et bien proportionner les formes .C’est par la pratique quotidienne du dessin et par une observation minutieuses que vos dessins vont s’améliorer petit à petit . Cette peur de créé va progressivement disparaitre, et vos gestes deviendront beaucoup plus naturelles.

 

  • 2) La peur d’échouer : Vouloir atteindre la perfection

Lorsque j’ai commencé à réaliser mes premiers tableaux, la plupart du temps je voulais réaliser en une seule fois toute la composition d’un seul coup en voulant produire une peinture hyper chiader, or d’après mon observation c’est impossible à réaliser .Il est important de saisir les formes les plus évidentes et réaliser une ébauche au départ , puis progressivement augmenter la difficulté, pour être toujours sur de pouvoir peindre chaque élément. Votre cerveau peut gérer à chaque fois une quantité d’informations limité . C’est pour cela que rechercher le rendu final dès le départ, en brulant chaque étape est une erreur monumentale, et c’est à ce moment que vous serez sûr d’échouer, et de rater votre dessin puis d’abandonner.
La plupart du temps lorsqu’une erreur se glisse, vous aurez toujours tendance à la corriger sans prendre en compte votre dessin dans sa globalité et vous ferez l’erreur de corriger le dessin partie par partie, sans faire attention à la structure.Vous verrez alors votre composition comme un échec monumental, et ce bricolage va assassiner irrémédiablement votre composition. Cherchez plutôt à faire une ébauche imparfaite qui va à l’essentiel, plutôt qu’une forme que vous voulez parfaite, mais qui sera inexacte…

C’est la succession d’erreur que vous avez fait qui va programmer votre inconscient à avoir l’angoisse de la feuille blanche à l’avenir, car vous allez associer le dessin à une expérience traumatisante. C’est pour cela qu’il est nécessaire d’avoir de bons réflexes dès le départ:

avancez pas à pas.

 

main

mes croquis de jeunesses: esquisse de ma main

 

 

  • 3) Savoir gérer le support :

Une autre erreur qui peut vous freiner dans votre processus créatif est la mauvaise gestion de votre support, la plupart du temps les débutants commence à dessiner au hasard sans se soucier de la limite de la feuille ou de la toile(ce qui était mon cas, voir le dessin ci-dessus),vous commencez à dessiner et vous réaliser que vous manquez de place et certaines parties de votre dessin débordent, ce qui est très désagréable, le dessin semble être coupé .Ce défaut vient de la mauvaise gestion de l’espace. Avant de commencer à dessiner je vous conseille de composer en fonction de votre support, ce n’est pas le support qui doit s’adapter au dessin, mais le dessin qui s’adapte au support.
vous faites cette erreur car vous n’êtes pas habitués à la gestion de l’espace de votre support, et par conséquent vous n’optimisez pas efficacement le remplissage de la toile ou de la feuille de papier. Vous êtes uniquement focalisé sur le dessin et vous n’avez pas pris conscience des limites de votre feuille pensant inconsciemment que votre support à une surface infinie… si vous ne pensez pas à ce problème cela va se répéter et vous allez vite baisser les bras. Vous allez perdre confiance en vous et cela va renforcer encore votre peur de dessiner.
Ceci n’est pourtant pas une fatalité, et prenez conscience , que vous devez réaliser une composition dans un espace limité et c’est en pratiquant chaque jour que vous deviendrez meilleurs…à force de dessiner et de peindre chaque jour, vous allez constater une progression dans votre coup d’oeil à placer les éléments dans le cadre . Et vous saurez automatiquement comment faire pour que toute la composition rentre dans ce cadre.

 

croquis dans un bar                          portrait de jeune femme

mon carnet de crocquis :
a) crocquis dans un bar à Paris
b) portrait de jeune femme

 

 

  • 4 )Pour peindre vous devez savoir remplir le cadre à l’avance

J’ai mentionné à plusieurs reprises que l’angoisse de la feuille blanche se retrouve beaucoup plus lorsque vous dessinez que lorsque vous peignez. Si vous réalisez des toiles, le dessin est une étude préparatoire à la peinture et c’est la première étape de réalisation, si vous n’êtes pas organisé c’est à ce moment que vous allez rencontrer les principaux problèmes lorsque vous réalisez des peintures plutôt réalistes. Si vous faites de l’art abstrait vous aurez quand même besoin d’organisation.Pour éviter de sécher et d’être stressé devant votre support il est bon de toujours avoir au minimum un modèle ou une petite esquisse que vous aurez préparé au préalable même pour les compositions les moins figuratives. Les plus expérimentés d’entre vous peuvent cependant créé en un seul jet une composition  ayant atteint l’harmonie absolue de la forme et de la couleur, mais celui qui le fait est un artiste parfaitement accompli car dans un tel état il faut savoir totalement dépasser son angoisse de la feuille blanche . Inspiré vous de ce que vous avez en face de vous, ou ce que vous percevez.

 

 

photo 69                   IMG_0140

a) composition abstraite
b) composition figurative

 

 

  • 5) Ne pas avoir peur du jugement des autres :

 

Lorsque l’on réalise un dessin ou une toile la plupart du temps on s’inspire d’un artiste, d’un peintre et bien souvent aucune toile n’émerge spontanément de votre imagination: la génération spontanée n’existe pas en arts, et depuis longtemps les artistes ont appris des autres artistes. C’est très simple pour avoir du succès il faut s’inspirer de ce qui fonctionne, et le gars isolé qui veut produire une œuvre sans avoir étudié et repris le travail des autres va produire du caca, et cela est tout à fait évident, il faut copier pour apprendre afin de s’approprier les processus de réussite de la peinture.

Le plus souvent la démarche artistique est un chalenge, on dessine et on peint pour se mesurer à quelqu’un, mais cependant composez pour vous (faite vous plaisirs) et trouver votre propre style. La plupart des gens que j’ai rencontrées n’avaient pas tellement peur de peindre, ils avaient plutôt peur du jugement des autres, la plupart du temps ils me disaient “ne regarde pas ma toile, de toute façon je sais qu’elle est nul” en regardant plus attentivement leurs toiles, je trouvais pourtant qu’il avait un intérêt visuel, et parfois ils étaient complexés par un petit élément du tableau à corriger, c’est ainsi que j’ironisai sur les parties à retravailler en mettant en confiance la personne.Car mettre en confiance quelqu’un est la clef fondamentale pour sa progression. Si la personne interprète l’apprentissage comme un encouragement ça va le motiver à progresser et il va prendre la pratique du dessin ou de la peinture comme un jeu, ce qui va augmenter substantiellement sa confiance en soi et sa progression.

Ce que j’essaye de vous expliquer ci-dessus est que la confiance en soi est principalement source de succès dans votre progression, on n’apprend pas dans la douleur et la frustration mais dans le jeu et le défi. Si vous avez peur du regard des autres c’est en partie parce que vous avez sans doute vécu une expérience d’apprentissage traumatisante et à force d’entendre dire que l’on n’y arrivera pas et que l’on est nul …devinez ce qui arrive , vous devenez nul bien entendu !  Triste

 

Tomate par Denis Skley

 

La plupart du temps vous souffrez du syndrome de la tomate, vous avez peur du jugement des autres, car vous avez peur des réflexions méchantes que l’on pourrait vous faire.Pour résumé vous avez peur que les gens vous jettent des tomates à la figure, et pour ne pas connaitre ces moments traumatisant vous préférez réfléchir très longtemps avant de commencer une nouvelle toile.
S’il vous est arrivé ce genre d’expérience reprenez progressivement confiance en vous, en mettant en place des habitudes de pratiques picturales pour vous faire réellement progresser, quotidiennement et avant de satisfaire les autres, cherchez plutôt à dépasser vos limites, et lorsque vous aurez réalisé que vos tableaux ont une réelle valeur vous aurez fait le premier pas vous aurez levé pas mal de blocages psychologiques .Car je pense que la principale source de l’angoisse de la feuille blanche vient que l’on ne se sent pas à la hauteur des enjeux que l’on mise sur son travail .

 

L’angoisse de la feuille blanche n’est pas une fatalité, c’est en pratiquant sans trop se poser de questions sur le regards des autres que l’on arrive à s’améliorer progressivement et à réaliser des progrès substantiels dans son art.
Commencez à pratiquer le dessin et la peinture pour vous, avant de montrer votre travail aux autres et c’est lorsque vous aurez un peu de matière et le bon état d’esprits que vous pourrez confronter votre travail aux regards des autres, la plupart du temps ils seront surpris par votre progression, et vous saurez alors écoutez les critiques constructives que vous aurez en retour pour pouvoir corriger vos défauts par vous-même et monter dans une spiral de progression qui vous amènera sans cesse à vous améliorer. Je pense avoir été pertinent en vous donnant ces quelques petits conseils mais bien entendu il y a des hauts et des bas et l’on n’a pas toujours de l’inspiration, apprenez à apprivoiser votre talent créatif et vous constaterez alors un flux massif d’idée et vous ne cesserez pas de créé…et alors vous ne penserez plus à cette angoisse.
Ou du moins vous saurez la géré le plus efficacement possible

 

crédits Photos : Gilles Chiroleu (l’écrivain ) ;  Denis Skley (Tomate ) –  flickr.com

2 Commentaires

  1. Nicolas Capjun

    Ton article est passionnant tu t’améliore sur le fond et sur la forme,c’est un thème qui parle à tout le monde.
    Moi même il m’arrive souvent d’être confronté à cette angoisse existentiel lorsque que je dois poser certaines formes,malgré l’habitude du travail et la maîtrise de la structure on se retrouve un peu paumé lorsque l’on rentre dans un territoire inconnu.
    C’est article m’as beaucoup aidé et je t’en suis reconnaissant

    Un grand merci Christophe.
    te souhaitant une excellente année 2015 couronné de succès
    continue a nous inspiré
    Nicolas

    Répondre
  2. Sabrina

    Superbe article,j’ai vraiment apprécié

    Répondre

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